Les Sept Danses du Tétras

Les Sept Danses du Tétras

Doyen éditeur 2010.
213 pages
préface de B.Ginisty
Format 20,5×13.
ISBN 9929-2-2140

Première édition : Calmann-Lévy – 1972
Dewey 843

 

Le tétras est un coq de bruyère. Les chasseurs savent que, lors de la pariade, le tétras chante et danse et que c’est le seul moment où on peut l’approcher pour le capturer, tant sa parade l’absorbe. Par extension, le tétras symbolise tout être vivant qui, fasciné par sa passion, peut en mourir.

Henri et Paul de Maléchère, deux faces du même drame que doit vivre l’aristocratie devant la Révolution menaçante : l’un lutte en se plongeant dans une débauche purificatrice, l’autre en maintenant les traditions et en offrant un enfant en sacrifice.

Rien n’est plus loin, cependant, d’un roman historique que ces Sept Danses du Tétras. Henri et Paul sont deux aspects complémentaires de la réalité essentielle que l’histoire, en l’espèce la révolution de 1789, les paysans et le moine Amalric (les chasseurs) ne peuvent atteindre. C’est un roman sur l’éternel retour de l’identique, sur le monde des apparences exprimé par des personnages de chair et de sang.

Roman nietzschéen, roman théorique aussi comme pouvaient l’être les Considérations inactuelles, mais aussi roman de passions sincères, furieuses, nourries par des êtres préoccupés du seul problème qui vaille, celui de la mort et de l’éternité.

Les vertus de cet ouvrage sont évidentes : la profondeur, un lyrisme rêveur, soutenu; un langage noble, élégant, impavide, qui seul pouvait convenir à une histoire aussi violente.

Critique : [...] Incontestablement, Pierre Boudot a un don de visionnaire [...] et une plume bénie des dieux.

J.P. Poncin, Le Courrier de l’Escaut, 1972

Citation : Orgueil, oui, éclate le comte. Vous parlez de mon orgueil comme une femme du tonnerre. C’est indigne ! Sans lui, que ferait l’homme sinon de s’abrutir dans la jalousie ou la haine ?

Ecoutez ce qu’on dit sur les foires, ce qu’observe le médecin quand il fait ses visites. On voit éclater le désir de détruire ce à quoi on ne peut ressembler. Les mulets se groupent pour briser les pattes des pur-sang, et les bourgeois pour prendre la place des nobles. Ils s’imaginent peut-être qu’un roi naîtra d’eux alors qu’ils ne rêvent que d’argent. Une dure époque commence … (p.31)

Prix: Ce livre a obtenu le prix du meilleur roman de l’année 1972 par la communauté radiophonique internationale de langue française.