La Louve

La Louve

Atelier des Brisants – 2002.
Collection Le Miroir Aveugle.
280 pages.
20,00 Euros.
Format 21x 14.
ISBN 2-84623-044-7
Dewey 843

Première édition : Jacques-Marie Laffont (Lyon) – 1981

Pierre Boudot nous conte ici une histoire fantastique, celle de La Louve.

Histoire simple et puissante qui se déroule dans la vallée de Cluny au moment où Richelieu, luttant contre les grands féodaux, démolit le château de Lourdon.

Histoire surtout d’une femme étonnante, femme rendue louve par l’amour de Garamos, un chevalier-sorcier errant en homme libre, que tous tentent de corrompre au nom du pouvoir !

Danaé, née des ruines du château, hante la forêt. Elle aussi attend le Cardinal. Tantôt femme, tantôt louve, elle est l’âme de ce roman qui renvoie chacun des personnages à leurs contradictions, jusqu’à la mort parfois, comme il en adviendra à Ozier-Renaud le paria.

 

Critique : [...] Que veut nous dire Boudot ? Si ce n’est, à travers une méditation poétique qui trouve son envol dans les tableaux émouvants du peintre Baldung Grien, que les psaumes avaient raison de chanter la beauté du monde — du moment que nous savons réellement le regarder et que nos rythmes intimes retrouvent leurs justes noces dans les rythmes des plantes, des oiseaux et des cieux, c’est-à-dire avec la magnificence universelle de la Création divine.

Une œuvre forte et belle. L’affirmation d’un talent trop souvent méconnu.

Michel Cazenave, La Croix,1981

 

Citation : Ils marchent dans le pré qui sépare le béguinage de la forêt. Les touffes d’orties surgissent sur leurs pas et ils ne les évitent que pour s’écarter des chardons. Le goût de l’argent remplace celui de la beauté. Nombreux sont les paysans qui se servent déjà de la terre comme d’un outil irréparable, exigeant de lui les plus rudes services, prêts à le jeter sans savoir par quoi le remplacer. On entend haleter Danaé qui saute par-dessus les fondrières remplies d’eau, par-dessus les troncs des arbres abattus, traversant les clairières hérissées de souches moisies ou de digitales qui haussent leurs cloches au-dessus des géants à terre.

— Voilà ce qui arrive quand on abat les grands. Les médiocres poussent entre leurs racines vivantes et ils sont comme ces plantes, du poison. (p.97)