Nietzsche en miettes

Nietzsche en miettes

Presses Universitaires de France
– 1973 Bibliothèque de philosophie contemporaine
– 1993 Collection Quadrige.
128 pages.
7,63 Euros.
Format 19×13.
ISBN 2-13-032321-9
Dewey 193


Entre 1965 et 1970, Pierre Boudot a écrit des articles pour diverses revues, notamment Les Temps Modernes et la Revue de Métaphysique et de Morale. Il a donné des conférences aux Centres Culturels d’Edimbourg et de Rome, ainsi qu’aux Rotary Clubs de Mâcon et de Chalon-sur-Saône. Ses réflexions étaient toujours imprégnées de la pensée de Nietzsche et conservaient, malgré la grande diversité des publics auxquels il s’adressait, une unité très personnelle. Elles abordaient chaque fois un thème différent, chacun de ces thèmes a donné lieu à un chapitre de son Nietzsche en Miettes.

La construction de cet ouvrage se trouve donc naturellement fondée sur les “centres de perspectives” dont parle Nietzsche : la critique intervient au niveau des grands concepts nietzschéens dont l’auteur fait l’inventaire pour en restituer le mouvement.

 

Critique : [...] Pierre Boudot n’écrit pas sur Nietzsche mais à partir de lui [...] dans une sorte d’errance entre les termes nietzschéens que ce perpétuel déplacement met “en miettes”. [...] Ce Nietzsche en miettes enchaîne des réflexions sur la mort, le temps, la révolution, l’écriture, qui témoignent d’une pensée vivante : cette pensée provoque le lecteur au lieu de vouloir le gaver.

Bernard Noël, La Quinzaine littéraire, 1973

Citation : On ne parle pas d’un témoin sans trahir le témoignage. Peut-on être un Saint Sébastien sans ennemis qui garderait les mains libres pour se percer lui-même de flèches sans se vautrer dans un masochisme magique ? Aussi bien, faut-il admettre que je ne parle pas du silence, mais sur le silence de Nietzsche, que j’essaie non de le démontrer mais d’en montrer la présence [...]

Le silence est comparable à l’arbre mort dont, dans une forêt verdoyante, je distingue le squelette, certain soudain qu’il est plus important que tous les autres, que son architecture est clé de voûte maîtrisant les poussées d’une vie qui, sans lui, serait anarchique [...] Silence plus fort que toute parole. “Ainsi se tait Zarathoustra” ! Ainsi sans doute aussi faisons-nous taire Zarathoustra. Je redoute la parole que Nietzsche par lui éveille sur mes lèvres. Y aurait-il dans l’histoire de la pensée occidentale un philosophe dont on ne pourrait rabâcher les mots ? Y aurait-il un homme capable de dissimuler les mots derrière les mots pour nous forcer à les penser dans le temps de notre discours ? (p.12)