L’ontologie de Nietzsche

L’ontologie de Nietzsche

P.U.F – 1971
Collection SUP.
128 pages.
10,37 Euros.
Format 18×12.
ISBN 2-13-031456-2
Dewey 193


Affrontement entre deux conceptions de l’humanisme, discussion sur le rôle de l’homme, sur sa responsabilité dans la création, sur la recherche d’un absolu lié à l’action, tentative pour sacraliser l’univers qu’il organise, fascination pour la mort volontaire, tels sont les thèmes abordés ici par Pierre Boudot. L’auteur élabore en outre ce qu’il appelle la méthode diacritique, qui permet d’étudier la pensée de Nietzsche comme celui-ci l’eût souhaité : dans un grand mouvement de la pensée capable de séparer sans détruire par l’analyse, sans être constamment immobilisé par la synthèse. Le problème de l’Etre est envisagé à travers l’ontologie du rêve et l’ontologie de l’espérance. Ces deux perspectives semblent fondamentales pour comprendre l’effort de Zarathoustra.

 

Critique : S’interroger aujourd’hui sur l’ontologie de Nietzsche, ainsi que le fait M.Boudot, est signe à la fois de probité philologique et philosophique. En effet ce que Nietzsche récuse, c’est seulement l’ontologie comme métaphysique, en chacun de ses thèmes, ainsi qu’en son discours, son style. Oui, Nietzsche “a confié un nouveau langage à l’ontologie”, ainsi que l’écrit l’auteur, et son hypothèse de départ est exacte ; oui également “au cœur de tout cela : Zarathoustra” (p.6) …

Michel Servière, Revue philosophique, 1971

 

Citation : Nous sommes fatigués de penser que même en dehors de l’hypothèse d’une guerre planétaire nous risquons de mourir sans avoir connu le bonheur. C’est pour cela que la réflexion de Nietzsche sur la création, malgré son ambiguïté et à cause de ses impasses, me paraît aujourd’hui déterminante. J’ai voulu, dans ce livre, montrer son caractère unique sans dissimuler ce qu’elle a parfois d’arbitraire, sans cacher ce qu’elle n’a su vaincre. Nietzsche est, avec Marx et Freud, l’un des trois penseurs dont l’œuvre nous est particulièrement nécessaire. D’une part, il explicite certains de nos besoine et, d’autre part, il nous éclaire sur les risques liés à notre effort. Mieux qu’aucun autre il montre que dans la pensée humaine sont mêlés au point de paraître identiques le bien et le mal, la vie et la mort, la création et la destruction, la synthèse et l’analyse, l’amour et la haine. (p.7)