Fureur et espérance

Fureur et espérance

La Différence -1996.
Préface de Philippe de Saint Robert
188 pages.
14,94 Euros.
Format 20×13.
ISBN 2-7291-1134-4
Dewey 844

Pierre Boudot, philosophe, se devait d’intervenir dans la vie de la Cité. Ignorant les modes et la pensée dominante, il réagissait selon son cœur, et la virulence de son verbe lui valut bien des ennemis. Ce recueil posthume de textes, Fureur et Espérance, débute par une analyse de l’ostracisme, et si, en 1977, il avait choisi ce thème pour un article dans l’Encyclopœdia Universalis, c’est qu’il se sentait lui-même mis à l’écart. Suivent des textes, critiques ou politiques, qui furent pour la plupart publiés dans les années 70 dans l’Appel, revue des gaullistes de gauche. Car Boudot a lutté pour faire admettre qu’il y avait chez De Gaulle une pensée révolutionnaire, une pensée philosophique. “La trace qui depuis dix ans ne s’interrompt jamais et qui devient aujourd’hui un sillage de lumière, cette trace n’est pas le lieu du rêve ou du regret. C’est celui de l’espoir.”

L’ouvrage se termine par un pamphlet inédit — Les mandarins sont revenus, Chassez-les ! — plein d’une magnifique fureur qui fait songer à celles de Léon Bloy ou de Bernanos.

 

Extrait de la préface : En politique, les textes datent très vite, mais ensuite ils appartiennent à l’histoire et nous apprennent beaucoup, par leur date même. Ainsi de quelques textes politiques qu’on retrouvera ici [...] Pierre Boudot avait parfaitement compris que la véritable “alternance” avait eu lieu en 1974 et non en 1981, qui n’en sera que la conséquence et le prolongement naturel. N’a-t-il pas lui-même un peu tendance, dans son impatience de voir assumer la pérennité de ce qu’il a vécu, à promettre des bâtons de maréchaux à Chaban, à Chirac, à Mitterand ? Disons plutôt qu’il les leur fait miroiter, s’ils l’écoutent…

C’est qu’on ne renonce pas en un jour à l’espoir qui nous a portés, au don de soi qu’on a fait à un grand moment de l’histoire. Aussi est-ce par générosité autant que par habileté qu’on fait crédit à des successeurs indignes, à des héritiers abusifs. (p.8)

 

Citation : Imposture que d’amuser le devant de la scène avec des bravaches de tout horizon, des fiers-à-bras, des cerveaux si légers qu’en réalité ils s’envoleraient comme plumes au vent s’ils n’étaient enfermés dans ces greniers à rats pudiquement baptisés du nom de petits écrans. [...]

Imposture que de ne pas réclamer comme base de la morale journalistique l’exaltation du courage, de la beauté, d’une réussite communautaire, de l’amour et de la tolérance. (p.64)