L’Atelier
des Brisants, qui a publié Les
vents souffleront sans me causer de peur en octobre
2000, va publier Le
Mal de Minuit en avril 2002 La
Louve, ainsi que Nietzsche,
la Momie et le Musicien au cours de l’automne 2002. De ces parutions
nous voulons faire un événement. Au cours d'une RENCONTRE PUBLIQUE, le dimanche
26 mai à 18 heures à Paris au sous-sol de l'église de la Madeleine, nous présenterons
l’œuvre de Pierre Boudot et des comédiens en liront des extraits. Nous comptons
sur vous pour y amener des amis, et si possible des cinéastes, car un film tiré
du Mal
de Minuit trouverait aujourd'hui son public.
Depuis
qu'Emmanuel de La Taille n'est plus président de notre Association, nous n’avons
eu qu’une réunion (à l’Université de Paris VIII, lecture de La Nuit obscure
de l’amour ou la parole invisible). Nous espérons qu’il se trouvera quelqu’un,
n’ayant pas nécessairement connu Pierre Boudot, suffisamment convaincu de l’importance
de son œuvre pour succéder à Emmanuel. En attendant, Jacqueline de Roux accepte
de se porter candidate à la présidence.
Nous
allons tenir notre Assemblée Générale le dimanche 26 mai à 16 heures 45 au sous-sol
de l’église de la Madeleine. Les invitations à la Rencontre et à
l'Assemblée seront envoyées en temps utile.
***
Nous
profitons de cette lettre annuelle pour vous donner à relire quelques lignes
de Pierre Boudot.
J’usais
de l’éloignement comme d’une méthode me permettant de mûrir mes décisions. C’est
en Algérie, en 1959, que j’en avais observé l’efficacité lorsque la réalité
de la guerre m’amena à quitter le Parti Socialiste Autonome où l’amitié d’André
Philip m’avait entraîné et à choisir la pensée de De Gaulle. Je ne renonçais
pas à une seule de mes exigences. Il les comblait.
Je
vis en effet en lui l’homme qui, pour la première fois, m’offrait un pays qui
fût le mien. Trop jeune pendant la guerre pour éprouver d’autres sentiments
que des peurs, je ne le connaissais pas réellement. Je sentais d’instinct en
lui un être gigantesque capable de me séduire, de me convaincre ou de me faire
réfléchir. J’aimais en lui le pédagogue ramenant inlassablement à la surface
des intelligences la nécessité d’aimer la France lorsqu’on est né Français.(…)
Je discernais derrière sa majesté une grande simplicité, une supplication confinant
à l’incantation dans laquelle, dépassant l’argument de la parole, il ne faisait
pas seulement corps avec un Etat et avec une Nation, mais avec la patrie des
pauvres.
in Les Vents souffleront sans me causer de peur, p 107.
Lorsque
De Gaulle envisage « un fléau s’étendant implacablement à toute la surface de
la terre mais par incendies successifs dont chacun est toujours soigneusement
limité », qui peut dire qu’il n’a pas entrevu ce que le monde vit aujourd’hui
… ? Philosopher, pour l’homme politique, c’est prendre les devants … (1980)
in Fureur et Espérance, p 94.
C’est
de notations hautes que la France a besoin et je jette celles-ci sur le papier,
indigné par le carrousel politicien actuel, insultant pour les Français morts,
vivants ou à venir.
in Fureur et Espérance, p 129.
***
Dans
" le carrousel politicien actuel" j'imagine que Pierre Boudot aurait soutenu
un candidat qui, sans être tourné vers le passé, veut rassembler les Français
autour de l'idée républicaine et introduire la démocratie en Europe. Ces options
sont de celles que Chevènement expose dans son livre, Le courage de décider.
Jeanne Boudot.
*******
A propos des livres de Pierre Boudot qui vont être réédités cette année.
Dans
le village de Bourgogne où se déroule l’action, en particulier dans la famille
de paysans, les Fleurval, qui en sont les principaux héros, les drames s’accumulent.
La nuit de Noël voit non seulement l’assassinat d’une vieille femme par sa servante,
avec la complicité du jeune bourgeois dont elle est la maîtresse, et la mort
de la fermière d’une crise cardiaque, à la suite de la dénonciation en chaire
de sa honte secrète. Roman dense et fluide, lyrique et rigoureux, roman inspiré,
presque hanté, qui met en scène avec une rare puissance d’envoûtement, les maléfices
de la Perversité et de la Beauté confondues.
Jacques de Ricaumont, in Les Nouvelles Littéraires, 1972.
Le
thème, irisé de mille et mille nuances : l’amour est-il possible ? C’est-à-dire
aussi : est-il grandeur ou folie ? A cette sorte d’oratorio lyrique il fallait
un décor quasi hors du temps, hors des psychologies usées : nous sommes sous
Richelieu, dans la vallée de Cluny. Garamos, le chevalier errant, est aussi
le Vieux Cerf, Danaé, la très belle, est aussi la Louve. Le contact n’est pas
encore rompu entre l’homme et la nature. De l’un des personnages, le « regard
est si étrange que les bosquets semblent prendre la couleur de l’automne quand
il les traverse ». Un autre est « si beau que les jeunes filles le désirent
avec la douceur qui suit le bonheur, jamais avec la crainte qui précipite le
corps ». Ainsi va le récit très subtil, qui retient pour en goûter la richesse,
qui précipite en avant pour en deviner le mystère. Les philosophes-poètes sont
rares. C’est bien ce qui fait le grand prix de l’œuvre de Pierre Boudot.
Pierre Georges, in Jour de France,1981.
Nietzsche, la Momie et le Musicien
Pierre
Boudot … a entrepris d’arracher Nietzsche à ses utilisateurs et à ses commentateurs,
et par conséquent de lui ôter les masques dont on l’a affublé. De là le caractère
neuf, insolite, décapant, de sa longue étude. Il restitue Nietzsche à la violence
prophétique, il lui rend toute sa puissance de feu ; près d’un siècle après
Zarathoustra il relance ce brûlot ou ce météore dans nos débats actuels, historiques,
linguistiques, idéologiques, religieux, écologiques, où il n’était présent
que sous une apparence difforme – comme aussi dans les interrogations philosophiques
contemporaines autour de Heidegger et de Heisenberg. L’intensité de son engagement,
le sérieux des connaissances sous-jacentes à ses analyses pour ainsi dire
« osmotiques », enfin le brio étonnant de l’écriture, feu d’artifice constant,
garantissent une lecture captivée, si cette épithète ne cadrait mal avec le
projet de faire sauter les écrous, les verroux, de nos civilisations vieillissantes.
Père Xavier Tilliette, 1977.
Association Pierre
Boudot
Merzé, 71250 Cluny ; tel/fax 03 85 59 05 03
http://www.pierre-boudot.com
Courriel : assboudot@wanadoo.fr