Article paru dans Le Journal de Saône-et-Loire en mai 2005
![]() Philippe Borrini, à la fis plein d'humour et bouleversant. |
![]() Un dernier salut au public séduit. |
Un
homme, avec canne et serviette de cuir, Philippe Borrini, sort de l’ombre et
vient s’installer à la table de conférence. Face aux spectateurs,
et à des étudiants danseurs, il commence son cours en lisant un
texte de Jean de la Croix, qui fut le thème des derniers cours à
la Sorbonne, du philosophe écrivain Pierre Boudot. De ces cours, Philippe
Borrini a créé un texte de théâtre qu’il a mêlé
à d’autres textes, dont des citations de Gilles Deleuze. Dès la
première strophe de « La Nuit Obscure » il est question de
l’âme.
Mais
sans certitude absolue, remarque le conférencier qui retrace alors l’histoire
de Ste Thérèse d’Avila, du Carmel et des carmélites déchaussées.
Les questions des étudiants commencent alors à fuser, et un étrange
ballet se met lentement en place autour du maître, ponctué par
les percussions de Peter Hollinger. Le spectateur assiste alors à une
sorte de métamorphose douloureuse, celle d’un homme qui au fil du texte,
tente d’autopsier sa pensée autant que son corps, ce corps qui va et
vient parmi ceux des danseurs, dont la chorégraphie colle au plus près
de son errance et des ses interrogations.
Sur
un sujet aussi fort que l’errance d’une âme dans la nuit intérieure,
évoquée par Jean De la Croix, Borrini autant que Boudot ont su
mettre une distance, empreinte d’un humour plein d’humilité. Et c’est
bouleversé que l’on assiste au dépouillement final d’un personnage,
qui, dans son dénuement total, semble enfin accéder à la
lumière.
C’était
mardi soir au théâtre de Cluny. Ce spectacle, intitulé «
Que Faire ? » était interprété par Philippe Borrini
et les danseurs de la Compagnie « Picomètre » Mélisande
Carré, Sophie Mathey, Irène Panizzi et Philippe Reinaldos».
©
Le Journal de Saône et Loire
Monic Coutheron